Surface Pro 4 vs iPad Pro, quel est le meilleur hybride tablette-PC?

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« L’iPad Pro peut remplacer le PC pour de nombreuses personnes », jure Tim Cook. Après s’être longtemps moqué des hybrides « 2 en 1 », Apple joue les suiveurs et sort une grande tablette qui peut se transformer en ordinateur avec un clavier livré en option. Microsoft, lui, a eu quatre ans pour affiner sa formule avec sa Surface Pro 4. Voici le match au sommet, en cinq scénarios.

1. Taper sur ses genoux dans le bus

iPad Pro. Léger (713 g) et très fin (6,9 mm), l’iPad Pro tient parfaitement dans une sacoche mais reste un brin encombrant dans les transports. Son clavier optionnel dédié (Smart Keyboard, vendu 179 euros) est plus pratique sur un bureau, posé à plat, que sur les genoux où il manque de stabilité et de flexibilité, avec un angle fixe. Mais on peut se satisfaire du clavier virtuel complet et très pratique. Oui pour les bancs de la Fac, non pour le bus.

Surface Pro 4. Avec des mensurations quasi identiques (766 g, 8,4 mm), la machine de Microsoft bénéficie d’un trépied plus réussi, qui offre une liberté à presque 180°. Ce n’est pas encore au niveau d’un PC portable sur les genoux mais on s’en rapproche. Le clavier a été largement amélioré et le touchpad, en verre, est enfin d’un bon niveau.

Vainqueur : Surface Pro 4, le clavier et le trépied sont bien plus fonctionnels.

2.Regarder un film dans l’avion

iPad Pro. Si l’on voyage en Economie, le Pro risque d’être un brin encombrant sur la tablette du fauteuil avant avec son clavier/trépied qui prend de la place. En première ou en Business, il se laissera inviter sans rechigner, tout comme dans le train. Tenu en mains, il devient vite gênant. Mais bonne nouvelle : on peut regarder un film au moins à trois dessus, et chacun avec une bonne qualité d’image, pendant une dizaine d’heures.

Surface Pro 4. A l’inverse de l’iPad Pro, le trépied est indépendant du clavier. Surface Pro 4 n’a donc besoin que de quelques centimètres pour se poser. En revanche, la batterie est plutôt décevante : en mode « avion », avec la luminosité à 50 %, elle tient environ 5h30, selon notre test. C’est loin des 9 heures annoncées par Microsoft.

Vainqueur : iPad Pro. Même si Surface Pro 4 se pose plus facilement, sa batterie est décevante pour les vols long courrier.

3.Travailler avec plusieurs logiciels à la fois

iPad Pro. Multitâche relatif aidant, le Pro permet d’avoir deux apps ouvertes en face à face. Scroller sur une page du bout de l’indexe en utilisant le stylet sur un document à côté n’est pas pratique – à moins d’être ambidextre. Au clavier, sans touchpad, il faut développer ses réflexes et apprendre des nouveaux raccourcis. Du coté de la connectique, c’est le grand désert : pas d’USB ni de micro-SD, il faut acheter un accessoire.

Surface Pro 4. Avec le touchpad du clavier ou en ajoutant une souris, l’hybride de Microsoft reste intouchable sur le multitasking grâce à Windows 10. On passe de Spotify à Office en gardant un œil sur les résultats de foot. On lance n’importe quel programme d’un clic, on copie-colle sans réfléchir et on transfert des documents sur une clé USB… Bref, c’est un vrai PC.

Vainqueur : Surface Pro 4. Le tactile et iOS limitent trop l’iPad pour être productif.

4.Annoter une leçon ou un rapport

iPad Pro. Word, Excel, PowerPoint, OneNote de Microsoft, mais aussi Notes ou Courrier : autant d’applications optimisées pour l’iPad Pro et son stylet dédié (Apple Pencil, vendu 109 euros) qui se révèle extrêmement réactif. La définition de l’écran lui autorise un tracé très fin. Une application comme Evernote semble avoir été pensée pour l’iPad Pro, mais aussi My Script Memo qui fait de la reconnaissance d’écriture un exercice très simple. Pour le dessin, Procreate 3 confirme que le stylet est une avancée. Regret : aucun logement pour ce fameux Pencil où que ce soit, d’où un risque de perte.

Surface Pro 4. Avec 1024 niveaux de pression, le Surface Pen, fourni avec la tablette, se rapproche des solutions professionnelles. La reconnaissance d’écriture a fait des progrès spectaculaires et les étudiants en mathématiques peuvent même écrire des équations et des formules complexes. Les infographistes professionnels lui préfereront sans doute celui d’Apple, qui propose un lag moins prononcé. Mais pour le grand public, le stylet de Microsoft offre des fonctions bien pensées : une gomme, un rangement aimanté sur le côté de la tablette et l’intégration de l’assistant Cortana.

Vainqueur : match nul. Le stylet d’Apple est plus réactif mais il est vendu séparément. Celui de Microsoft, fourni avec la tablette, est polyvalent et ne se perd pas.

5.Jouer, seul ou avec ses enfants

iPad Pro. Jouer sur iPad Pro permet de bénéficier d’une image canon et d’un son comme aucune tablette n’en offre : les quatre haut-parleurs font un travail très correct. Mais taille de l’écran oblige, les jeux utilisant le gyroscope de la tablette ne sont pas d’une maniabilité exemplaire. En revanche, le processeur A9x est surpuissant (jusqu’à 80 % plus que certains ordinateurs portables, selon des experts américains) et sait sublimer les jeux les plus gourmands en ressources.

Surface Pro 4. Pour les joueurs occasionnels, la tablette de Microsoft manque cruellement d’apps. En revanche, elle peut accueillir tous les jeux PC. Cela dépend toutefois des configurations. Le processeur d’entrée de gamme est trop lent, et il faut donc opter pour le modèle i5 et 8 Go de RAM qui coûte 1.449 euros. En revanche, ceux qui ont une Xbox One peuvent streamer les jeux sur leur tablette et jouer au lit.

Vainqueur : match nul. Apple a les apps, Microsoft les jeux PC, mais il faut alors se tourner vers un modèle 50 % plus cher que l’iPad Pro.

Verdict : Surface Pro 4 est un meilleur hybride que l’iPad Pro

Il n’y a pas vraiment de match. L’iPad Pro est une tablette surpuissante mais un mauvais PC, bridé par iOS. C’est un peu comme de mettre un moteur de Porsche dans une Twingo. Surface Pro 4, de son côté, est une tablette moyenne qui souffre du manque d’apps mais c’est un bon PC portable. Côté prix, on se situe dans une gamme comparable. L’iPad Pro démarre à 919 euros, sans clavier, sans stylet, et avec seulement 32 Go de stockage. Surface Pro 4 commence à 999 euros, avec le stylet inclus, 128 Go de stockage mais un processeur un peu lent. Pour deux configurations équivalentes, l’iPad Pro est plus cher : 1.400 euros avec clavier, stylet et 128 Go, contre 1.250 euros pour son concurrent équipé d’un processeur i5. La différence principale, c’est que la solution de Microsoft se suffit à elle-même. Chez Apple, il faut toujours un Macbook à côté, même si on l’utilise de moins en moins souvent.

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