OnePlus X : le vrai remplaçant du Nexus 5 ?

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Annoncé le 29 octobre, le X est le dernier smartphone en date du constructeur chinois OnePlus. Design travaillé, finition appliquée, fiche technique équilibrée et prix contenu : de prime abord, la formule rassemble tous les critères du succès. Serait-ce le vrai remplaçant du Nexus 5 que Google n’a pas sorti ?

Le OnePlus X n’est que le troisième téléphone du constructeur chinois et pourtant il suscite déjà un intérêt et une attente considérable sur la toile. Il faut dire qu’en matière d’attente, la société dirigée par Pete Lau, ex vice-président d’Oppo, en connait un rayon. Son système d’invitations distillées au compte-gouttes a généré autant d’effervescence que de frustration, deux sentiments opposés qui découlent d’une même convoitise. En peu de temps, il s’est bâti autour de OnePlus une véritable communauté d’utilisateurs, conquis par la marque, bien aidée au départ par l’intégration native de CyanogenMod.

Pour ce nouveau smartphone, OnePlus rompt avec les designs précédents et notamment les gabarits des One et 2. Ici, le smartphone est fin, en verre – une version en céramique, plus rare, sera également proposée – et il passe sur un écran « plus petit » de 5 pouces. Plus abordable encore que ses prédécesseurs, le OnePlus X est commercialisé à 269 euros.

Présentation du OnePlus X

Si le OnePlus X n’a rien d’original – un smartphone noir, en verre, avec un cerclage métallique – ça ne l’empêche pas d’être réussi. La belle finesse du produit, le côté accrocheur des bordures striées, l’extrême douceur des parties vitrées atteste du soin apporté à la finition. Le smartphone est très agréable à tenir, bien proportionné, consistant pour un appareil de ce prix.

OnePlus X en détails

En revanche, les vertus du verre sont à double tranchant et OnePlus n’a pas pu contourner les lois de la physique : le X est salissant, son dos se raye (il n’est probablement pas recouvert de Gorilla Glass 3, lui) et on peut craindre de la casse en cas de chute. Chose qui se produira possiblement puisque ce dos en verre est si bien poli que le téléphone se laisse entraîner par le moindre écart de niveaux du support sur lequel on le pose. Un vrai petit hovercraft. OnePlus livre un bumper, mou et pas très esthétique, mais mieux que rien. On se dit que cette prudence à laquelle invite le constructeur ne peut pas être totalement fortuite.

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Le OnePlus X adopte un écran 5 pouces Full HD de technologie AMOLED. Perdu dans le design sombre du téléphone, on a l’impression que l’écran est particulièrement bien intégré. En fait, il occupe 71,5 % de la façade du smartphone, un ratio standard. Qui dit AMOLED dit en revanche contraste extrême : la dalle du X affiche un noir à 0 cd/m², soit un taux infini toujours impressionnant quand on vient d’un appareil en écran LCD. La luminance maximum de 324 cd/m² n’est pas énorme, toutefois, contraste aidant, la lisibilité reste bonne en toutes circonstances.

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Le OnePlus X au centre, bordé par le Nexus 5 et l’iPhone 6s

Là aussi, la technologie comporte un revers de médaille, à savoir que la colorimétrie ultra saturée n’est pas réaliste, et que le blanc vire au bleu (ou vert selon la vue) dès qu’on s’éloigne de l’axe central. Dommage pour la colorimétrie parce que les angles de vision sont bons en matière de luminosité. Le blanc est, de manière générale, assez froid : notre sonde enregistre une température de 7 928 K.

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La différence de saturation par rapport au OnePlus 2 à droite est manifeste

OnePlus reste fidèle aux touches physiques capacitives sous l’écran, un bon point puisqu’elles permettent d’exploiter pleinement toute la surface d’affichage. Cependant, pourquoi ne pas les avoir rétroéclairées ? Rassurez-vous, la diode de notifications a été maintenue. Et l’interrupteur de notifications Alert Slider du OnePlus 2 aussi.

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OnePlus introduit une nouveauté importante sur son X : le support de l’extension de stockage. Soit vous utilisez la trappe à SIM en mode double SIM, soit vous mettez une SIM et une microSD pour compléter les 16 Go de base. L’intention, plus que louable, est malheureusement entachée pour l’heure par une prise en charge cahoteuse des microSD.

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Le formatage exFAT n’est pas reconnu, il faut utiliser le FAT32 (éventuellement sur les petites cartes) ou le NTFS. Par ailleurs, le gestionnaire de stockage natif d’Android ne détecte pas la carte : on ne voit figurer que le stockage interne, il est donc impossible de retirer proprement sa microSD.

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En exFAT, le téléphone bloque sur la recherche d’erreur. Dans les autres formats, le stockage externe n’apparaît pas dans le gestionnaire natif d’Android : impossible de retirer sa carte « proprement »

Enfin, si l’option « Déplacer vers la carte SD » est bien disponible via le menu Applications, la manipulation n’est pas encore opérationnelle : elle se solde par un message d’erreur comme quoi le stockage serait insuffisant. Nous disons « pas encore » parce que le problème est remonté à OnePlus qui promet une résolution dans sa prochaine mise à jour.

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CarteSD (1)

En attendant, les applications d’exploration des fichiers peuvent voir la carte et son contenu : on peut donc procéder « à l’ancienne » en copiant de la musique ou des films sur la carte depuis un PC. On déplore également que l’application appareil photo de OnePlus, calquée sur celle, native, de Google, ne permette pas de choisir la destination d’enregistrement des images. Heureusement, il reste possible d’utiliser la carte microSD pour mettre sa musique en hors ligne via Google Musique ou Spotify par exemple. Avec ce dernier service en revanche, ce n’est pas simple : il faut réinitialiser complètement l’application, vider le cache, éteindre le téléphone, mettre la carte SD formatée (FAT32 ou NTFS, peu importe) et redémarrer…

À l’instar des précédents smartphones de OnePlus, la section audio est tout à fait satisfaisante. Qu’il s’agisse du haut-parleur principal dégageant 81,6 dB (peu de graves mais bon, sur les smartphones…), du haut-parleur d’écoute précis sur les conversations ou de la puissante sortie casque, le X assure. De quoi commencer à bâtir une bonne réputation au constructeur dans ce domaine précis.

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Une configuration équilibrée

A 269 euros, on s’imaginait que le constructeur allait chercher à mégoter sur la dotation, mais que nenni. Le X dispose d’un Snapdragon 801, SoC combinant un processeur quadruple cœur cadencé à 2,3 GHz et un GPU Adreno 330 tournant, lui, à 578 MHz. C’est la version plus moderne du SoC qui officiait dans le Nexus 5. Il prend en charge la 4G dans nos bandes de fréquences en catégorie 4 (150 Mbps en débit descendant et 50 Mbps en montant), le Wi-Fi ac, le Bluetooth 4.0, les doubles SIM mais aussi en théorie le codec HEVC.

Le tout s’appuie sur 3 Go de RAM et 16 Go de stockage interne. Pas d’USB type-C ici mais du micro USB standard, un choix retour en arrière surprenant après le OnePlus 2. Est-ce que OnePlus n’a pas su gérer la contrainte imposée par l’épaisseur du terminal (6,9 mm) ? C’est peut-être aussi par manque d’espace que la capacité de la batterie LiPo n’excède pas 2 525 mAh.

OnePlus X spec

 

Oxygen OS en mode sombre

Après avoir consommé sa courte relation avec Cyanogen, OnePlus s’est lancé dans une nouvelle aventure avec son propre système d’exploitation : Oxygen OS 2.1.2, calqué sur Android 5.1.1. Rien de nouveau par rapport à l’environnement du OnePlus 2, si ce n’est des fonds d’écran sur le thème du X (la forme de la lettre, pas la pornographie…) et l’activation par défaut du mode sombre. Cette apparence colle au design du produit, et surtout l’affichage noir permet à l’écran AMOLED de moins consommer. OnePlus a ajouté des petites subtilités, comme l’affichage des notifications malgré la veille ou encore le « Réveil de proximité » (affiche l’écran de veille quand on approche sa main du téléphone).

Spécificités d’Oxygen OS sur le OnePlus X

On retrouve toujours le paramétrage des boutons de navigation ou encore la prise en charge de gestuelles. Et des détails qui changent beaucoup de choses comme la possibilité de personnaliser le volet de raccourcis ou encore le bouton pour fermer toutes les applications ouvertes d’un coup dans le gestionnaire de tâches. Autrement dit, Oxygen est un OS très proche de l’Android originel, sans fioritures et avec des optimisations appréciables. Mais on reste impatient de voir arriver la version 3.0 qui basculera sur Android 6.0, intègrera les dispositifs d’économie d’énergie apportés par Google et résoudra les problèmes de gestion de la microSD.

Photo et vidéo

 

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Le constructeur n’a pas repris le capteur Omnivision du OnePlus 2, c’est dommage. La puce de Samsung retenue ici dispose de photosites plus petits (1,12 µm) et la lentille n’est pas stabilisée de manière optique. Et si la cellule autofocus à laser infrarouge n’est plus, il faut savoir que le capteur intègre des photodiodes dédiées à la corrélation de phase. Cette hybridation entre l’habituelle détection de contraste et la corrélation de phase héritée des reflex confère un autofocus rapide. Ce que nos tests confirment agréablement : quasiment pas de latence (0,05 s) et une mise au point qui ne rechigne guère, quitte parfois à se tromper (le phénomène reste rare). Mais sur le plan de la qualité d’image, à quoi faut-il s’attendre ?

Là notre enthousiasme plutôt débordant retourne en partie dans son lit. Le OnePlus X lisse un peu et granule fort dès les basses sensibilités : c’est un bruit typiquement numérique, pas des plus heureux sur le plan esthétique. A contempler ses images sur l’écran flatteur du smartphone, rien ne transparaît. Mais à 100 % sur un écran calibré de PC, les clichés manquent de propreté et de précision. Le pire, c’est qu’on pourrait s’accommoder du rendu – détaillé au centre – si l’optique n’était pas aussi brouillonne sur les bords. Autant l’homogénéité du OnePlus 2 contribue à la force de son appareil photo, autant ici son absence crée une faiblesse, presque un handicap.

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OnePlusX centre2
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Extrait à 100% au centre puis sur le bord droit

En montant en sensibilité, le lissage se prononce jusqu’à produire un effet aquarelle. A la décharge du X, il faut préciser que OnePlus pousse ses capteurs très haut, jusqu’à 4 653 ISO. Et donc comparé à la concurrence, le smartphone relève la tête dans ces cas poussifs. Il parvient à exposer des scènes peu éclairées pour en tirer quelque chose là où d’autres s’enferment dans l’obscurité. Reste qu’à côté du OnePlus 2, le X fait pâle figure. Sur le plan du traitement d’image mais aussi de la dynamique, plus pauvre sur le OnePlus X du fait de ses petits photosites. Le constructeur a amélioré son mode HDR mais il y a encore du travail : il débouche les zones sombres et préserve les couleurs mais n’a aucun impact sur les zones lumineuses.

OnePlus X HDR off
OnePlus X HDR on

A gauche sans HDR, à droite avec HDR

Pour la partie vidéo, OnePlus a maintenu l’encodage en H.264 à 20 Mbps sur du flux en 1 080p à 30 im/s, comme sur le OnePlus 2. Soit, mais le rendu n’est pas le même – ceci étant dit le OnePlus 2 n’est pas un modèle en matière de vidéo. Ici, le rendu est très saturé et contrasté (à l’image de l’affichage AMOLED). On perçoit également le manque de piqué de l’optique, l’absence de stabilisation et même le lissage de texture ambiant. Et que dire de la capture audio, pourtant en AAC stéréo (96 Kbps @ 48 KHz), mais vraiment de piètre qualité…

OnePlus a des progrès à faire dans ce domaine, c’est flagrant. Le seul paramètre qui fonctionne efficacement, c’est l’autofocus qui suit correctement l’action. Enfin le smartphone ne filme pas en 4K, même si son Snapdragon 801 supporte en théorie le codec HEVC.

Performances et autonomie

Le OnePlus X se situe en milieu de gamme, et même plutôt au début de cette fourchette intermédiaire si on se base uniquement sur son prix de 269 euros. Avec sa dotation équivalente à celle d’un Nexus 5, il propose peu ou prou les mêmes performances. C’est bien, pour cette gamme d’appareils, mais ce sont des performances d’il y a deux ans. Et si le téléphone se montre parfaitement fluide à l’usage et dans la plupart des scénarios, sur certains jeux costauds ça accroche. 15 000 sur 3D Mark n’est certes pas un score impressionnant, mais de là à voir autant de saccades sur Asphalt 8 : Airborne, il y a visiblement un problème d’optimisation. Le Nexus 5X qui ne fait pas mieux, exécute le jeu normalement. Et l’autre problème, récurrent chez OnePlus, c’est la chauffe : après installation du jeu et deux circuits plus tard, le téléphone grimpe par endroits à 43 degrés. Une vraie petite plaque de vitro-céramique ! Ça reste jouable, et un autre titre comme Mortal Kombat X passe, lui, sans encombre.

 

 

En matière d’autonomie, on savait qu’il ne fallait attendre de miracle de la batterie de 2 525 mAh. C’est à peine plus que les 2 300 mAh du Nexus 5. PC Mark affiche un score de 5 h 32 conforme aux attentes. Ce résultat est en phase avec celui d’un Meizu MX5, doté d’une batterie plus conséquente mais avec un écran plus grand. Toutefois un Galaxy S6, avec 2 550 mAh, tient une bonne heure de plus. Dans la pratique, et si on utilise le mode sombre, le OnePlus X tient une journée et demie en usage modéré. Mais ce mode sombre avec autant de contraste fait mal aux yeux…

 

Conclusion

 

S’il ne révolutionne pas le genre, le X représente une évolution intéressante au sein de la famille de smartphones OnePlus. Le constructeur chinois opère une descente en gamme plus caractérisée sur le tarif que sur le produit. Avec un dosage du rapport qualité/prix toujours aussi bon, OnePlus va vraiment commencer à inquiéter les gros fabricants. Le X séduit, en dépit de défauts avérés. Peut-être déjà parce qu’on n’a pas l’impression de tenir un smartphone à 269 euros entre les mains, mais facilement un appareil à 400 euros ou plus. Finition et design sont travaillés bien au-delà de ce qu’on peut attendre dans cette gamme, le smartphone est parfaitement fluide, bien doté (4G, double SIM, microSD, tuner FM), l’écran, imprécis mais très flatteur, la section audio se montre à la hauteur, l’OS est agréable et l’autonomie s’inscrit dans la moyenne du moment.

Pour se laisser tenter, il faut être prêt à composer avec quelques faiblesses : fragilité du dos en verre (a minima pour les rayures), qualité photo et vidéo moyenne (même si l’appareil est rapide), bugs du support de la microSD (qui doivent être résolus) et GPU limité pour les gros jeux (là-aussi une mise à jour doit pouvoir améliorer les choses). Malgré tout, le OnePlus X reste un smartphone équilibré, très plaisant à utiliser, plus encore qu’un BQ Aquaris M5 pourtant équivalent. Et pour répondre à la question posée en introduction, les possesseurs de Nexus 5 que Google a laissé orphelins en changeant de stratégie sur le Nexus 5X, trouveront dans ce OnePlus X une relève tout à fait viable.

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