Tunisie – 4G: Habib Essid compte revoir les modalités de paiement suite aux plaintes des opérateurs

37

Lors de la séance plénière réservée au vote sur le budget du ministère des TIC et de l’Economie numérique dans le cadre de la loi des finances 2016, et qui s’est déroulée le 2 décembre à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le ministre Noomen Fehri a répondu pratiquement à toutes les questions des députés. Ces derniers ont abordé plusieurs volets comme la lutte anti-terrorisme via Internet, l’infrastructure (pour les réseaux de communication, les bureaux de postes, les pôles technologiques, etc.) ou encore… la 4G.

Au sujet de Smart Tunisia, dont un des députés a mis en doute son efficacité allant jusqu’à affirmer que le projet a du mal à démarrer, Noomen Fehri a tenu à informer que la semaine dernière Smart Tunisia a déjà signé avec 12 sociétés nationales et internationales. En contre partie des avantages de ce programme, ces derniers ont un engagement de recruter 3100 diplômés (lire notre article). Il ainsi rappelé que ce guichet unique vise à créer 51 mille nouveaux postes d’emploi à l’aube de 2020 (6000 en 2016, 10000 en 2017, 10000 en 2018, 10000 en 2019, 15000 en 2020).

Il a par la suite mis l’accent sur l’importance du déploiement de la 4G. Il a, ainsi, expliqué qu’il y a un boom dans le nombre des connexions en Tunisie grâce à la 3G et on prévoit que ce chiffre va crescendo. De ce fait, la technologie 4G se pose comme la meilleure alternative possible à la 3G pour pouvoir engloutir toutes ces connexions tout en gardant une bonne qualité de service. Mais par contre, s’il y a un réel problème qui se pose, ce n’est pas avec l’infrastructure réseau, mais plutôt avec le flux de trésorerie des opérateurs téléphoniques. Ces derniers ont, en effet, fait savoir que le paiement en entier du prix de la licence LTE à l’ouverture des plis en fin de janvier prochain, pourrait leur causer de gros déséquilibres financiers. «J’en ai parlé avec le Président du gouvernement pour essayer de trouver une solution et apporter plus de souplesse dans les modalités de paiement», a déclaré Noomen Fehri devant les députés.

Réponses du ministre des TIC et de l'Economie numérique aux questions des députés devant le Parlement

Réponses du ministre des TIC et de l’Economie numérique aux questions des députés devant le Parlement

Concernant la demande d’un des députés au sujet de la création d’une agence de promotion de l’économie numérique, le ministre a écarté pour le moment cette idée. «On pourrait se dire que le vrai travail commence après la création de cette agence. Mais je ne suis pas d’accord. Nous avons dû commencer à travailler et à avancer par quoi on est outillé. Et vous avez-vu comment on a eu des réussites (Smart Tunisia, NDLR). C’est après qu’on pourra commencer à faire améliorer nos procédures et nos lois puis on pourrait créer une telle agence», a répondu le ministre.

Au sujet du Fond des TIC dans le cadre du Plan National Stratégique pour le numérique 2020, Noomen Fehri a avoué que son utilisation est devenue plus compliquée après 2010. Et pour cause : ce Fond n’est plus appelé à subventionner les entreprises publiques déficitaires dans le secteurs des TIC, mais plutôt à soutenir financièrement les projets de développement. «Mais nous sommes actuellement en train d’étudier avec le ministère des Finances pour trouver une solution à tous ces problèmes», a-t-il tenu à rassurer. «Je dois vous avouer, toutefois, que les 100 millions de dinars dans ce Fond ne sont pas assez pour faire aboutir tous nos projets en 2016. D’après nos estimations, nous aurons réellement de 190 millions de dinars. Mais la spécificité de ce Fond est qu’il a, justement, un caractère estimatif. Quand on avancera dans les projets et qu’on consommera la totalité de ces 100 millions de DT, là on pourra demander plus et relever le plafond. C’est l’arrangement qu’on a trouvé avec le Président du gouvernement».

Concernant la composition du Conseil Stratégique du Numérique (CSN) présidé par Habib Essid, Noomen Fehri a mis en exergue que le modèle de gouvernance est déjà ouvert avec la présence des représentants de l’Etat, le secteur privé et la société civile. Mais la Présidence du gouvernement a décidé d’opter pour un modèle encore plus ouvert de ce Conseil. Au lieu de 9 ministères, 11 siègeront désormais dans ce CSN. Et quant à la société civile, au lieu d’un seul siège, 3 au total leur seront réservés. D’après le ministre des TIC, 5 dossiers de candidature ont été retenus et c’est le Président du gouvernement Habib Essid qui va en choisir les 2 restants. A suivre

Samy El Orfi

Facebook Comments

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

Les commentaires sont fermés.